Le portail pour bien connaître le Laos

Le Laos, pays discret niché au cœur de l’Asie du Sud-Est, est souvent méconnu du grand public. Pourtant, il regorge de richesses humaines, culturelles, historiques et naturelles. Champalao.net est né de cette volonté : offrir une porte d’entrée claire, accessible et fiable vers une meilleure compréhension du Laos. Ce site est une invitation à la découverte, à la connaissance et au respect d’un pays encore trop souvent dans l’ombre de ses voisins.

Le sanitaire est le problème urgent à résoudre pour la population au Laos

Situation sanitaire et hygiène au Laos : état des lieux et actions vers les normes mondiales

Le Laos, pays enclavé d’Asie du Sud-Est, connaît des défis persistants en matière de santé publique et d’hygiène, en particulier dans les zones rurales. Bien que des progrès aient été réalisés au cours des deux dernières décennies, le niveau général de santé et les conditions d’hygiène restent inférieurs aux standards internationaux fixés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

État des lieux sanitaire et hygiénique

1. Santé publique et maladies
Les maladies infectieuses liées à l’eau insalubre, telles que la diarrhée, le choléra et la typhoïde, restent répandues, surtout chez les enfants. Les maladies vectorielles (paludisme, dengue) sont endémiques dans certaines provinces. Les maladies non transmissibles, comme le diabète et l’hypertension, augmentent aussi, surtout en milieu urbain.

2. Hygiène de base et assainissement
Selon les données de l’UNICEF, près de 20 % de la population n’a toujours pas accès à des toilettes adéquates. L’accès à l’eau potable s’est amélioré, mais de nombreuses communautés dépendent encore de sources non sécurisées. Le lavage des mains avec du savon est peu pratiqué en raison du manque d’infrastructures et de sensibilisation.

3. Nutrition et hygiène alimentaire
La malnutrition chronique touche environ 30 % des enfants de moins de 5 ans, en grande partie à cause du manque d’hygiène alimentaire, de l’eau contaminée et d’un accès insuffisant aux soins de santé.

Programmes gouvernementaux et objectifs de développement

Afin de répondre à ces enjeux, le gouvernement laotien s’est engagé à améliorer les conditions sanitaires à travers plusieurs programmes nationaux, avec le soutien d’organisations internationales (OMS, UNICEF, Banque mondiale, etc.).

1. Le Plan national d’hygiène et d’assainissement rural (2021–2030)
Ce plan vise à atteindre un accès universel à des services d’assainissement de base d’ici 2030. Il prévoit :

    • La fin de la défécation en plein air.

    • La construction de toilettes durables dans chaque foyer.

    • L’intégration de l’éducation à l’hygiène dans les écoles.

2. Campagnes de sensibilisation et éducation communautaire
Le gouvernement mène des campagnes dans les villages pour promouvoir le lavage des mains, la purification de l’eau et la gestion des déchets domestiques. Des agents de santé communautaires sont formés pour relayer ces messages.

3. Partenariats pour l’eau potable et l’hygiène (WASH)
Des projets WASH sont mis en œuvre dans les zones les plus pauvres, combinant infrastructures (puits, stations de traitement) et formation des populations à l’entretien de ces systèmes.

4. Objectif de conformité aux normes OMS
Le Laos aligne ses indicateurs sur les Objectifs de développement durable (ODD), notamment l’ODD 6 : garantir l’accès de tous à l’eau et à l’assainissement. Des indicateurs sont suivis régulièrement pour évaluer les progrès.

Conclusion

La situation sanitaire et hygiénique du Laos reste fragile mais connaît une nette amélioration grâce aux efforts coordonnés du gouvernement et de ses partenaires. La généralisation des services d’assainissement, l’éducation sanitaire, et la participation communautaire sont les clés pour atteindre les normes mondiales d’ici 2030.

Le traitement des eaux usées et des déchets au Laos : situation actuelle et projets gouvernementaux

I. Le traitement des eaux usées au Laos

1. Système actuel de gestion des eaux usées

a) Absence de réseau collectif à l’échelle nationale

  • Le Laos ne dispose pas encore d’un système de traitement des eaux usées centralisé à l’échelle nationale.

  • Dans la majorité des villes (y compris la capitale Vientiane), les eaux usées sont directement rejetées dans les rivières, les canaux ou les champs sans traitement préalable.

  • Seules certaines zones urbaines disposent de systèmes rudimentaires d’assainissement via des fosses septiques non contrôlées.

b) Eaux usées domestiques et industrielles

  • Les effluents domestiques (eaux grises et noires) sont en grande partie non traités.

  • Les petites industries (textiles, agroalimentaires, etc.) rejettent leurs eaux usées sans processus de dépollution.

  • Les hôtels, restaurants et hôpitaux utilisent parfois des stations individuelles, mais leur performance est variable.

c) Conséquences environnementales

  • Pollution chronique du Mékong et de ses affluents.

  • Propagation de maladies hydriques (diarrhées, choléra, hépatite A).

  • Dégradation de la biodiversité aquatique et contamination des nappes phréatiques.


2. Projets et politiques gouvernementales pour les eaux usées

a) Objectif national

  • Le Ministère des Travaux publics et des Transports a défini l’objectif de mettre en place des systèmes d’assainissement dans toutes les villes secondaires d’ici 2030.

  • Une stratégie nationale d’assainissement urbain est en cours d’élaboration avec le soutien de la Banque mondiale.

b) Projets pilotes

  • Vientiane Wastewater Master Plan : un projet financé par la JICA (Agence japonaise de coopération internationale) visant à créer une station de traitement des eaux usées moderne dans la capitale.

  • Luang Prabang Urban Development Project : projet cofinancé par la Banque asiatique de développement pour la gestion intégrée de l’eau et des eaux usées.

  • Projet d’assainissement communautaire dans les villages périurbains de Savannakhet, appuyé par des ONG comme GRET (France) et WaterAid.

c) Approche décentralisée

  • Le gouvernement encourage les mini-stations de traitement décentralisées, notamment pour les établissements publics (écoles, hôpitaux, marchés).

  • Des normes techniques sont en cours de rédaction pour réguler ces systèmes.


II. Le traitement des déchets solides

1. Situation actuelle du traitement des déchets

a) Production de déchets en hausse

  • Environ 0,8 kg de déchets solides par personne et par jour dans les zones urbaines.

  • Une grande partie est constituée de déchets organiques (60 %), suivis du plastique, du papier et des textiles.

  • Seules 15 à 20 % des ordures sont collectées de façon régulière, essentiellement dans les grandes villes.

b) Systèmes de collecte

  • Collecte irrégulière assurée par des entreprises privées sous contrat municipal.

  • Faible taux de couverture dans les zones rurales et périphériques.

  • Manque de tri à la source : tous les déchets sont mélangés.

c) Sites de décharge

  • Les villes disposent de décharges à ciel ouvert, souvent saturées, non étanches, sans traitement du lixiviat ni récupération du biogaz.

  • Exemples : décharges de That Luang à Vientiane ou de Oudomxay, très polluantes.

II. Le traitement des déchets solides

1. Situation actuelle du traitement des déchets

a) Production de déchets en hausse

  • Environ 0,8 kg de déchets solides par personne et par jour dans les zones urbaines.

  • Une grande partie est constituée de déchets organiques (60 %), suivis du plastique, du papier et des textiles.

  • Seules 15 à 20 % des ordures sont collectées de façon régulière, essentiellement dans les grandes villes.

b) Systèmes de collecte

  • Collecte irrégulière assurée par des entreprises privées sous contrat municipal.

  • Faible taux de couverture dans les zones rurales et périphériques.

  • Manque de tri à la source : tous les déchets sont mélangés.

c) Sites de décharge

  • Les villes disposent de décharges à ciel ouvert, souvent saturées, non étanches, sans traitement du lixiviat ni récupération du biogaz.

  • Exemples : décharges de That Luang à Vientiane ou de Oudomxay, très polluantes.


2. Projets et initiatives pour la gestion des déchets

a) Politique nationale de gestion des déchets solides (2022–2030)

  • Objectif : réduire de 50 % les déchets non traités d’ici 2030.

  • Mise en place d’une stratégie 3R (Réduction, Réutilisation, Recyclage).

  • Obligation pour les grandes villes de disposer de centres de tri et de compostage.

b) Projets en cours

  • Vientiane Sustainable Solid Waste Management Project :

    • Financé par la JICA et la Banque mondiale.

    • Construction d’une nouvelle station de tri et d’un centre de recyclage dans la capitale.

  • Projet de compostage communautaire à Pakse et Champassak :

    • Encouragement de la valorisation des déchets organiques pour l’agriculture.

    • Partenariats avec des coopératives agricoles.

  • Développement de décharges contrôlées à Savannakhet et Luang Namtha avec assistance technique allemande (GIZ).

c) Soutien au secteur informel

  • Le gouvernement reconnaît le rôle des récupérateurs informels et travaille à leur intégration dans les chaînes de tri avec des ONG partenaires.

d) Éducation et sensibilisation

  • Campagnes de sensibilisation dans les écoles.

  • Incitations à la réduction des plastiques à usage unique.

  • Création de plateformes locales pour la gouvernance participative des déchets.


III. Défis à surmonter

  • Financement : la majorité des projets dépend de dons étrangers ou d’aides techniques.

  • Capacité administrative : manque de personnel qualifié dans les municipalités.

  • Changement de comportement : faible sensibilisation de la population au tri et à l’hygiène environnementale.

  • Cadre juridique faible : lois sur l’environnement peu appliquées, manque de contrôle sur les pollueurs.


IV. Conclusion

Le Laos est à un tournant en matière de gestion de ses eaux usées et déchets solides. Les initiatives gouvernementales témoignent d’une volonté réelle de modernisation, soutenue par de nombreux partenaires internationaux. Cependant, le chemin reste long pour atteindre des normes durables et inclusives. Le succès de ces politiques dépendra d’un investissement continu, de la participation communautaire, et de la mise en œuvre rigoureuse des plans de traitement et de prévention de la pollution.